Je ne veux pas d’un deuxième têtard !

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Est-ce que c’est clair ?!

Même si j’ajoute souvent « pour l’instant ». Si le deuxième doit venir un jour, ce n’est pas demain la veille. Et même si la vue d’un bébé-mignon-tout-plein me donne envie d’en faire un sur le champ, je déchante rapidement lorsque mon esprit rêveur retrouve la réalité de la vie.

Le sujet a déjà été évoqué par de nombreux blogueurs, femmes et hommes confondus, et j’avais bien envie d’y apporter mon ressenti.

Cela fait un moment que j’y pense. Pourtant, j’ai toujours voulu avoir 2 enfants. Un de chaque sexe si possible, comme ça, tout le monde est content. Une fille en premier, comme ça JE suis tranquille. Oui c’est égoïste, mais dans la situation actuelle, si j’avais eu un garçon, je me serai sentie « obligée » de refaire un autre enfant « pour tenter d’avoir une fille ». Oui « tenter » car on n’est même pas sûr que le sexe désiré sera celui obtenu. Et évidemment, c’est une raison déraisonnable, de faire un enfant comme on gratte un ticket de jeu en espérant gagner. Alors imaginez une grossesse gémellaire ne comptant que des mâles. Double damned ! 3 enfants, et pas un qui soit une Rainette à couettes !

En 2015, j’ai fait une fausse couche. Une situation qui m’a mise la tête à l’envers puisque c’était une grossesse surprise pour plusieurs raisons que je n’aborderai plus. La situation complexe m’a amené à envisager l’IVG. Tout en essayant de me battre pour garder ce petit bout de vie. Mais LA vie m’a « aidé », elle a déclenché une fausse couche rapide, sans douleur et finalement salutaire. Malgré tout, cette étoile est passée sur ma vie très vite, mais suffisamment pour me redonner un coup de boost que je n’avais pas eu depuis un certain temps. J’ai même l’impression qu’elle a rempli ma jauge de chance depuis : j’ai pu confier Petite Rainette à une nounou, ce qui m’a permis de trouver un poste, puis un second et un troisième sur 4 mois de temps. Et notre situation financière s’est mise à respirer de nouveau au point de parvenir à mettre de l’argent de côté tous les mois tout en nous faisant de petits plaisirs. Un mal pour un bien semble-t-il.

Et même si durant quelques semaines, je ne souhaitais qu’une chose : arriver rapidement au moment où nous pourrions planter la graine de l’amour, j’ai depuis changé mon fusil d’épaule. Récemment, alors que je tenais un stand sur une brocante, des membres de la famille de Papa Crapaud ont posé LA question récurrente pour un couple qui a un enfant de 2 ans : « Alors, c’est pour quand le deuxième ? ». Mon cerveau a hurlé « PAS DE DEUXIÈME ! ». J’ai répondu sans état d’âme « Pas maintenant ». Et Papa Crapaud qui, après avoir rapidement exposé notre situation actuelle (financière, immobilière etc) et connaissant mon avis sur le sujet, a rapidement renchéri en disant « qu’un chien, ce serait p’tête mieux ». Pourquoi après 2 ans et 6 mois, c’est cette sempiternelle question qui revient ?

Voici plusieurs raisons qui ne me donnent plus envie d’avoir d’autres enfants :

Je n’en ai pas les moyens. Un enfant, ce n’est pas un jouet qu’on enferme dans le placard quand il nous fait chier. On ne peut pas le revendre sur le net parce qu’il n’est pas « conforme à nos attentes ». C’est un adulte en devenir, c’est une personne dont on doit s’occuper TOUS LES JOURS de notre vie, jusqu’à la fin de celle-ci ou presque. Faut pas espérer qu’à 18 ans, il prenne ses cliques et ses claques et fasse sa vie sans jamais avoir besoin d’un coup de main. Maintenant, il part à 20 ans au mieux mais revient souvent entre deux. Parfois avec les enfants qu’il a fini par avoir. Certes, pour une période normalement courte, mais ce n’est pas une vie. Il faut tout prendre en compte.
A l’heure actuelle, avec nos salaires, on connait des périodes de « serrage de ceintures ». Et quand des imprévus s’ajoutent à l’équation financière délicate, ça devient trop stressant et je supporte de moins en moins la « privation ». Je l’ai connu de nombreuses années par le passé, je n’ai pas envie de vivre la même chose avec MA famille.
J’assume ma fille et la famille que nous formons à 3. Je ne pense pas être capable de le faire sans broncher, sans regretter à 4. Quand on fait un second enfant (ou même un premier), faut pas croire, ON EST SEUL à l’assumer. Ce n’est pas ceux qui vous entourent et qui vous encouragent à faire des têtards, qui vont l’éduquer à votre place. Qui vont le gérer les temps de crises pour que vous n’ayez que les instants de plaisirs. Pour le meilleur, et pour le pire, vers l’infini et au-delà. Ni plus ni moins.
Je veux pouvoir lui donner ce qui est nécessaire, vital sans pour autant nous (me) priver de petits plaisirs de temps en temps. Donc, tant que j’estimerai que financièrement, ça nous mènera vers une situation désagréable, je m’abstiendrai.
Je ne fais pas d’enfants pour l’argent : Pour vous donner une idée, Petite Rainette me coûte à l’heure actuelle et en moyenne 300€ par mois, nourriture, hygiène, santé, nounou et jouets confondus. C’est une moyenne hein, je ne dépense PAS tous les mois cette somme, mais étendu sur l’année, ça donne ça. Elle a certes l’allocation de base, que TOUS les parents reçoivent jusqu’au 3 ans du têtard, mais c’est tout. Et après, il n’y aura plus cette aide, il faudra donc revoir les dépenses et espérer dans son cas qu’elle voudra enfin manger comme nous et arrêter les couches !
Alors, avec un deuxième enfant qui, avec de la chance, serait comme elle, ajoutons 300€ de plus. Et qu’on ne vienne pas me dire que « les allocations familiales t’aideront ». Heu si 130€ par mois, ça aide à palier les 300€, alors c’est que je compte mal !
Plus tard, elle n’aura que 360€ pour sa rentrée scolaire et cet argent servira pour ses fournitures et ce qui ne sera pas dépensé sera mis de côté. Pas pour acheter un home-cinéma ou que sais-je qui n’a rien à voir avec le but de cette aide financière.
Qui dit nouvel enfant, nouveau logement. Surtout dans notre cas. On n’a pas la place pour accueillir un second têtard. Il faudrait donc se remuer pour trouver un habitat plus grand. Mais toujours proche de nos boulots respectifs et qui serait dans nos moyens. Déjà qu’à l’heure actuelle, on n’en trouve pas, alors je n’imagine même pas dans l’urgence !
J’en ai marre de me répéter SANS ARRÊT. Je sais, c’est normal, c’est le temps que l’enfant comprenne. Mais c’est USANT. Pire dans les actions dangereuses, on a beau dire et répéter 10 fois TOUS les jours, il ne comprend pas. On a beau me dire, « Profite, ils grandissent tellement vite », pour certaines étapes, je presserai volontiers le bouton avance rapide !
C’est inquiétant. Oui, depuis que ma fille est née, je suis presque toujours inquiète. Pour elle surtout. Peur qu’elle ne meure, qu’elle se blesse, qu’on ne sen sorte pas financièrement. Peur qu’on ne puisse jamais acheter une maison. Qu’on finisse à la rue. Peur que ses troubles alimentaires finissent par devenir un vrai problème. Et si l’un de nous meure, ou pire, les deux, que deviendra-t-elle ? Qui s’en occupera ? En sachant que je ne veux la confier à personne. Oui c’est méchant et présomptueux de ma part, mais pour moi, seuls Papa Crapaud et moi-même sommes à la hauteur pour elle. Je ne me vois pas « récupérer » l’enfant de quelqu’un d’autre, alors je ne peux pas supporter l’idée de « donner » la mienne aux autres.
Je fais donc tout pour qu’on s’en sorte financièrement, pour vivre sans être obsédée par la peur et en étant le moins malade possible.
J’en ai marre des couches. Ça pue, ça coûte un certain prix. Pas franchement motivée à signer pour une deuxième saison.
Je n’ai pas envie d’avoir un second enfant « à problèmes ». Comme on ne choisit pas le type de santé qu’il aura, ni son caractère, ni les soucis qu’il aura (comme les troubles alimentaires de Petite Rainette), on peut toujours choisir DE NE PAS EN AVOIR DU TOUT en ne relançant pas la machine ! Je veux gérer pleinement ceux de notre fille jusqu’à ce que tout aille mieux.
Je suis fatiguée. Pas une seule grasse matinée depuis qu’elle est née. Même si elle fait ses nuits d’une traite, avec de rares réveils nocturnes, j’en ai marre de me réveiller TOUS LES JOURS de l’année à 7h.
Je n’ai pas suffisamment de patience. Avoir son propre enfant nous permet de voir jusqu’où va cette dernière. J’estime n’être ni la pire mère, ni la meilleure du monde. J’ai eu un modèle de patience avec la mienne, mais mon tempérament étant plus impulsif que le sien, je me rends bien compte que je ne saurais pas avoir un deuxième enfant sans frôler la crise de nerfs quotidienne. Pourtant, comparée à d’autres têtards, Petite Rainette est sage et pleine de vie. Mais elle est râleuse, caractérielle, rebelle et casse-cou. Si vous ajoutez à cela un second enfant, je préfère m’abstenir ! Sans compter que Papa Crapaud a encore moins de patience que moi…
J’en ai marre de crier. Petite Rainette peut se montrer exaspérante. Elle fait bêtise sur bêtise, se fiche pas mal parfois des punitions. Et à seulement 2 ans, ça promet. Donc je crie souvent, et je ne supporte pas cela. Même en essayant d’être plus patiente, il m’arrive parfois d’en avoir assez, alors forcément je hausse le ton. Ce n’est pas parce que c’est « juste un enfant » que je ne vais pas râler/crier dessus. Un adulte qui vous fait chier, vous le remettez à sa place ? Alors pareil pour un enfant.
La parentalité m’a vieilli. Pas dans la tête, mais physiquement. Avant, on me donnait toujours 5 ans de moins en moyenne. Maintenant, ou l’on me donne mon âge, ou l’on me vieillit ! Ça fout les boules et à force, ça me déprime un tantinet. Même si vieillir est dans l’ordre des choses, je préférerai le faire le moins rapidement possible.
On ne peut plus faire ce que l’on veut avec un. Alors avec deux, n’en parlons pas. Le sexe se fait en silence et quand les enfants dorment ou sont absents. On évite de se balader à poil, par pudeur/gène/pour ne pas traumatiser l’enfant. Ou en tout cas, moins souvent. Pour les courses, on évite parfois certains rayons (jouets, livres…) pour ne pas subir une éventuelle crise de mécontentement. Ou on laisse carrément les enfants à quelqu’un pour les faire en paix.
On n’a moins de tranquillité. Un enfant demande de l’attention, et vous sollicite pour tout : manger, se laver, jouer, faire la lecture. Même aux WC, il vous suit. Vous ne pouvez plus passer des heures devant les jeux-vidéos/un livre/vos activités favorites sans être interrompu par votre bambin. Ou votre conjoint(e) qui vous rappelle votre rôle de Papa/Maman. Il est d’ailleurs important d’expliquer clairement qu’un enfant se fait à 2, et que s’il y a « privation », elle doit se faire des deux côtés. Genre la femme qui fait TOUT et l’homme qui se la coule douce dans le canapé… Après chacun s’arrange comme il veut.
Quand on mange, pareil, on s’arrête souvent pour l’enfant qui râle, réclame un coup de main. Il faut donc établir des règles : tout le monde reste à table, faire manger l’enfant en 1er quand il est petit, et si l’enfant refuse de manger, il ne doit pas vous empêcher de le faire.
Quand on est chez des amis ou de la famille, le répit n’existe pas : vous devrez toujours lui rappeler les bonnes manières, l’empêcher de tout toucher/casser/renverser.
S’il y a des animaux (chez vous ou ailleurs), vous devrez TOUJOURS être vigilant, même avec le toutou/chat le plus gentil-du-monde-qui-adore-les-bambins. Ce dernier peut, sans prévenir, pour diverses raisons (se sent en danger, l’enfant empiète sur son territoire, il a vieilli…) changer d’attitude.
La grossesse m’a laissé un goût amer. Surtout quand je vois le corps que j’ai actuellement. Bon d’accord, un peu de sport changerait peut-être certains détails qui me chagrinent. Mais quand on prend 16 kilos, qu’il a fallu 2 ans pour en perdre 10, alors qu’une amie en a pris 20 pour en perdre 18 en 2 mois, cela montre bien que mon corps est assez lent à « revenir à la normale ». Et la peur de « rester grosse » me tétanise.

Je me fiche donc pas mal des gens qui pensent que « faire un seul enfant » c’est être égoïste vis-à-vis de lui, qu’il sera « seul » toute sa vie. Il a ses parents, sa famille, ses amis, il ne sera jamais seul.
Avoir un seul enfant n’en fait pas quelqu’un d’introverti et de sauvage envers les autres. Ma fille est très sociable et n’a même peur de personne. Et ce n’est pas parce qu’on fait 3 ou 4 enfants qu’ils seront TOUS « peace and love » envers les autres. Les solitaires au milieu d’une fratrie ça existe !
Je veux pouvoir vivre sans trop d’inquiétude et apporter ce qu’il y a de mieux à ma fille. Et si un jour, toutes les conjonctures sont favorables à un deuxième enfant, alors PEUT-ÊTRE envisagerai-je d’avoir à nouveau le ventre rond !

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4 réflexions sur “Je ne veux pas d’un deuxième têtard !

    • Merci pour ton petit mot gentil. Je peux comprendre qu’on ne veuille pas d’enfants, j’ai quelques amis autour de moi, et certains sont parfois surpris que je ne les juge pas sur ce point, malgré mon statut de « maman ». Souvent, la première phrase qu’ils se prennent dans la tronche, c’est du genre « Tu ne sais pas ce que tu rates… ou Mais la vie c’est les enfants ». Comment peut-on sortir de telles phrases en prétextant ne pas juger les autres ? Bisou

      Aimé par 1 personne

  1. Oui, elle est problématique cette réplique. Comme si faire un enfant veut dire qu’on aime les enfants. Moi, j’aime MON enfant, cela ne veut pas dire que je vais aimer les enfants de la terre entière. Comme pour les adultes, y’en a qu’on apprécie, d’autres qu’on aime, d’autres qu’on supporte et certains qu’on déteste.

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