La Coupe de Sang !

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Vous connaissiez Harry Potter et la Coupe de Feu ? Je vais vous parler de La Coupe de Sang. De quoi ? La coupe menstruelle ! Aaaaah dégueu… Comment ça, dégueu ?

Après avoir suivi un nouvel article de Pin-Up bio, j’ai eu envie de partager avec vous ce que je pense des protections féminines.

Parlons déjà rapidement de ce qu’en dit Pin-Up bio. En gros rien n’est bien, le mieux c’est de se retenir. Je suis son blog depuis 2 ou 3 ans, mais je suis de plus en plus déçue par les propos que peut parfois tenir la dame. Faire en sorte que tout soit en accord avec la Nature et ce qu’elle a fait de nous, c’est ce qu’il y a de plus évident, mais ce n’est pas toujours facile à mettre en place. Et j’ai l’impression qu’à force de vouloir prouver que sa démarche est la bonne, elle en oublie son côté « bienveillant ». Envers les autres j’entends.

En fait, vers les 3:30, insinuer que le reste du monde féminin – celui qui ne pratique pas le « libre flux instinctif »- n’est pas « adulte », cela m’a assez agacé.
Certes, sa peur compréhensive d’un « choc toxique », évoqué durant sa vidéo et lié à un cas survenu en 2015, se rapporte au tampon, mais il faut éviter de tout diaboliser. Le risque 0 n’existe pas. Dans aucun domaine, aucune façon de vivre. Il y en a qui meurt par intoxication alimentaire, aussi bien chez Mc Do que dans des enseignes plus huppées ; des gens meurent à cause de leur obésité et d’autres d’un excès de sport ; certains d’un cancer du pancréas pour alcoolisme et d’autres d’un cancer des poumons sans jamais avoir fumé de leur vie. C’est triste, terrible et cela détruit de nombreuses vies. Mais l’on n’y peut rien. Enfin si, dans la plupart des cas, on peut se battre pour que ça s’améliore, faire de la prévention, ou faire le choix de ne pas faire comme ceci ou comme cela.
Et sur le coup, avec les propos de bienveillance – envers soi-même – sans cesse rapportés comme une priorité évidente, j’ai l’impression qu’elle en oublie la bienveillance envers les autres (et leur choix). On fait tous et toutes les efforts que l’on peut, pas tous au même niveau. Mais un peu, plus un peu, plus un peu, ça finit par faire beaucoup ! C’est comme ceux qui mangent bio, dénigrent ceux qui ne le font pas, mais roulent au Diesel, prennent l’avion ou achètent des fringues neuves 5 fois par an. Quel sera le pire impact écologique ou sur la Santé au final ? Bref, ce n’est pas le sujet.

Alors pour appuyer mes propos et montrer qu’on fait comme on peut, au mieux pour nous et notre conscience, parlons de l’histoire des règles ou plutôt des protections. J’ai fait quelques recherches et vais emmètre quelques suppositions. Mes recherches sont un condensés simplifiées ; je vous invite à faire un tour sur le net pour approfondir vos connaissances 😉

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Tout d’abord, quand l’Homo Erectus s’est décidé à devenir plus Homme que Singe, je pense que les femmes restaient dans leur état basique de femelle primate : elles devaient laisser le flux s’écouler.
Les Égyptiennes ont été les précurseurs du tampon : elles inséraient un morceau de papyrus ramolli. Les Grecques ont suivi le mouvement avec de la fibre enroulée autour de petits bout de bois ; les Romaines de la laine ; les Japonaises du papier ; et d’autres « tampons » à bases de fibres végétales. Des tampons 100% naturel.

Ces premières recherches m’ont permis de découvrir que la femme portait bien une « protection », car j’étais persuadée que jusqu’à l’invention de la culotte, les femmes se « laissaient aller ». Et reconnaissons que c’est justement LA technique VÉRITABLEMENT naturelle que laisser couler son sang, sang (huhu) que rien ne l’obstrue ou ne le retienne, et même le fait de se « retenir » est sur le coup « contre-nature ».
Mes connaissances personnelles partaient du Moyen-Age, où les femmes laissent tout couler. La religion impose ses lois, jusqu’au plus profond de l’être humain, notamment de la gente féminine, qui dit que « se mettre quelque chose dans le vagin est pêché ». En même temps, c’est logique car le sexe hors mariage étant lui même pêché – un sexe dans un sexe hein, n’ayons pas peur des mots – on pouvait considérer le tampon comme un mini sexe. Et même pendant le mariage, avec ce que j’ai pu retenir de mes lectures (corrigez-moi si je me trompe) mais même celui consommé par les époux étaient lui-même préalablement autorisés par un prêtre. Genre tu peux pas baiser le samedi soir ou un truc dans le genre ? Toujours aussi grossière, La Grenouille, mais oui, c’est un peu ça l’idée. Ah religion puriste, quand tu nous tiens (par le vagin).
Comme elles portaient de longues robes, elles se permettaient de laisser leur règle – et même leur pipi – couler. Comme ça, sans gène. Car c’était la « norme ». Imaginez à l’heure actuelle si on gardait l’habitude moyenâgeuse ! Il y aurait toujours autant de problèmes liés à l’hygiène et à la propreté des lieux (publiques ou non). Ah ben nous les grenouilles, on pisse où on veut quand on veut. Fille ou garçon. C’est le pied ! 

Les culottes ont ensuite été inventées au XVI siècle, sous couvert d’une loi exigeant des femmes qu’elles arrêtent justement de se lâcher comme des porcinettes ! Humour, je vois déjà l’air courroucé de certaines, qui diraient : « Nan mais tu le crois ça, elle insulte mes ancêtres là ! » Côahaha t’inquiètes, elles insultent les siennes dans ce cas.
Précisons que la culotte de l’époque n’avait rien de sexy comme elle peut être (qualifiée) désormais de nos jours. C’était l’équivalent d’un pantacourt en coton à froufrous.
Mais voilà ce qui a dû surement traverser leur esprit : « Mince, maintenant c’est tout crade sur mes jambes, super, le kiffe total… », elles se sont alors mises en quête d’une nouvelle invention : l’ancêtre de la serviette hygiénique ! Tissu rembourré de paille à l’époque ! Bonjour la grattouille ! Mais lavable donc réutilisable, on reste dans le naturel.

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Oh et petit détail tout aussi réjouissant : quand l’invention de la culotte a vu le jour, c’était pendant les périodes où le lavage du linge n’était ni quotidien (ou presque), ni en machine. Les dames et demoiselles pouvaient donc garder leurs sous-vêtements pendant plusieurs jours. Non-stop. Huuuuum j’imagine déjà les relents fétides des caillots de sang ! Arrête, tu vas faire gerber nos lectrices (et lecteurs !).

Bien plus tard, en 1920, Kimberly Clark sort LA serviette hygiénique – moderne pour l’époque : un bout de tissu rectangulaire maintenu par une ceinture. Moderne tu dis ? Hé ben, les humains ont de drôles d’idées « modernes » dis donc !
Heureusement en 1963 sort enfin THE serviette hygiénique qu’on connait toutes désormais : la jetable ! Ca ne fait pas si longtemps qu’elle existe en fait !

En 1933, l’un des premiers brevets d’un « réceptacle vaginal » voit le jour. Il faudra attendre 1987 pour voir apparaître celle en silicone chirurgical, la fameuse Moon Cup.

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Voilà pour l »Histoire des protections féminines. Il existe à l’heure actuelle des serviettes hygiéniques, des tampons (bio ou non pour ces deux-là, des coupes menstruelles en silicone, des culottes lavables spécifiques et des serviettes hygiéniques lavables également. Et assez récemment, j’ai découvert que des femmes s’exerçait au « flux libre instinctif ». Ou retenir ses ranianias comme on retient un pipi.

J’ai mes règles depuis l’âge de 10 ans (galère, galère), régulières immédiatement, peu douloureuses et très abondantes. J’ai donc 20 ans « d’expérience » en ce qui concerne mes habitudes menstruelles.
Je vais partager avec vous mon vécu et ce que je pense des différentes « protections » :
La serviette hygiénique : avec des règles très abondantes, j’ai porté des serviettes hygiéniques relativement épaisses. Une catastrophe visuelle car l’on ne voyait que ça, mais pas vraiment le choix. Et à même pas 11 ans, il était impensable de mettre un tampon là en bas. Tout d’abord parce que ma mère n’en mettait pas à l’époque, mais par la suite, j’avais peur de briser mon hymen. Croyance erronée mais on sait jamais, déjà que faire du cheval, ça avait la réputation d’être craignos pour le minou !
Bémols : j’avais toujours des fuites, en particuliers la nuit, une vraie cata ! Et on vous raconte même pas le tout 1er jour où elles ont débarqué. Un vrai massacre, on aurait cru qu’un meurtre avait eu lieu sur le lit. T’en as déjà trop dit !
C’est sale je trouve, même quand on fait correctement les choses quand on les jette à la poubelle. T’as oublié de dire que ça pue ! Et plus il fait chaud, attention mes narines ! Y’avait de quoi tourner de l’œil. Mais t’as fini !
Il existait des versions parfumées. Jamais essayé car je trouvais l’idée dangereuse pour mes parties génitales (parfums de synthèse, ça craint) et puis mélangé à l’odeur du sang, je ne suis pas sûre que ça aurait améliorer les choses finalement ! Huuum j’imagine déjà les relents des caillots de sang parfumés aux fleurs de lys. Argh !
Le tampon : Je n’en ai mis que tardivement finalement, vers l’âge de 20 ans. Un vrai soulagement nocturne. Cependant, je devais les changer relativement souvent, vu tout ce que je pouvais laisser couler comme sang, surtout les 3 premiers jours (sur 5 en général). Puis j’en ai mis de jour comme de nuit.
Bémols : changement assez réguliers pour ma part, sinon grosses fuites. Et l’assèchement des muqueuses finissaient vraiment par être très désagréables ! Pas top !
La coupe : Adoptée depuis 2011, en commençant avec la Lunacopine, et après avoir maîtrisé la position correcte pour l’installer, j’ai trouvé mon bonheur. Jusqu’à 12 heures (grand max selon les marques et tailles) de tranquillité. La coupe se remplit, il faut la vider, la rincer et la remettre en place. Plus besoin de se changer 36 fois par jour et on oublie les déchets liés aux serviettes et tampons. Pas de sécheresse vaginale. A changer tous les 6 à 10 ans, donc une sacré économie également. Plus de thunes à claquer dans les jeux-vidéo !! 
Bémol : il faut aimer mettre les mains dans son sang ; apprendre à la mettre est délicat au début et peut demander plusieurs cycles de règles pour le faire correctement.
Pour le reste je n’ai jamais testé et ne testerai surement jamais.
Mon accouchement a stoppé net cette utilisation, puisqu’il est interdit de « bloquer » l’écoulement du sang post accouchement. Pas de tampons ni coupes. Retour aux sources avec les serviettes, mais Mon Dieu que ce fut casse-pied ! M’en parle pas, j’ai bien cru que t’allais finir par rester sur le trône jusqu’aux retours de couches…

L’idée du « Flux Libre Instinctif » me paressait intéressante, mais à force de faire le tour sur le net et d’y réfléchir, je me dis qu’elle n’est pas la meilleure solution actuelle (pour ma part hein). Tout d’abord, cela prend du temps à la maîtriser. Il faut donc AVOIR le temps. Ce n’est pas mon cas. Quand on travaille de chez soi, c’est facile…
Retenir un flux qui s’écoule naturellement, ce n’est donc pas NATUREL. Non ? 

Chaque protection a ses avantages et ses inconvénients. Choix influencés par nos proches, ou déterminés par notre propre volonté, on peut passer par différents produits avant de trouver son bonheur. Toutes les femmes n’ont pas les mêmes moyens, la même disponibilité et ne supportent pas toutes les mêmes matières. Si la moitié arrivent à opter pour une solution sans déchet, ce sera déjà pas si mal 😉

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Sources : Raconte-Moi l’Histoire du Tampon ; Wikipédia ; Invention de la coupe.

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8 réflexions sur “La Coupe de Sang !

  1. Ah enfin un article qui parle des règles en rigolant! Effectivement ça m’a assez choqué d’entendre cette jeune fille comparer les couches de bébé aux serviettes hygiénique.
    Honnêtement je ne sais pas comment on peut comparer un pipi que l’on sent venir (naturellement, on a pas besoin de penser et de se poser pour savoir que le pipi arrive!) et des règles (où là il faut du temps et se relaxer pour sentir son corps).
    J’avais déjà entendu parler du libre flux instinctif et bon.. chacun fait comme il veux hein, mais si c’était si naturelle, pourquoi on y avait pas pensé (et ressenti) avant?! ^^
    Moi je ne me sens pas concerné: j’ai des règles tous les 4 mois et j’utilise 3 tampons maximum.. je ne vois pas bien comment je pourrait ressentir quoique ce soit ^^
    Merci pour cet article bien sympa, j’aime ton humour et ton style!
    Bonne continuation!

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    • Merci pour ce beau commentaire, cela me fait très plaisir. Et il me permet de repérer les « styles d’écriture » qui plaisent (ou pas). Oui le naturel dans le cas d’un libre flux instinctif, ben j’ai bien du mal à le trouver. Et effectivement, comme toit, je pense que si on n’y a jamais pensé avant, c’est qu’il n’y a rien de naturel là dedans. Elles parlent de contraintes pour la femme, de mettre des protections, mais finalement, apprendre un geste totalement contradictoire avec la fonction naturelle d’évacuation du sang, c’est là aussi une contrainte.
      Bonne continuation et peut-être à bientôt !

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  2. Le flux instinctif… au départ ça me paraissait sympa comme idée….et puis en fait, c’est encore une des énième chose qu’on demande aux femmes de maîtriser… maîtriser son apparence, gérer ses enfants, être bio, écolo, avoir un compte en équilibre, être performante au travail, ni trop maigre,ni trop grosse, ni trop pute, ni trop coincée, ni…. AAAArrrrggghhhhh!!!!!!!! Alors me casser le tête pour maîtriser UN TRUC de plus, moi je sature…surtout que visiblement c’est finalement pas un truc si instinctif que ça car nos ancêtres n’y avait pas pensé.
    BREF.
    Les serviettes, c’est huurk…. (idem que toi, j’ai redécouvert ce plaisir après mes deux grossesses…)
    Le tampon c’est mieux mais…la sensation de sécheresse est vraiment pénible (et tu n’as pas parlé du tampon qui « descend » et qui du coup fait mal alors que tu ne peux juste pas le changer, genre dans les transports….)
    Je suis passé à la Cup, et même si c’est galère à mettre et à enlever, en terme de confort c’est…incomparable…!!

    Par contre il faut que je m’en rachète une, celle que j’ai est devenue trop petite après mon deuxieme accouchement (les blagues à base de tunnel sous la manche son proscrites, merci…)
    Ma petite sœur utilise des éponges elle, mais je n’ai pas trop compris comment ça marche!

    (et pour les relations sexuelles validées par le curé…heu….loooool tu as trouvé ça où? Car pour moi, une fois marié, tu fais bien ce que tu veux avec ta moitié, jamais entendu dire l’inverse, même au moyen-age (avec une exception pour la vague de puritanisme qu’il y a eu, mais plutôt au 19 siècle non?)

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  3. Alors moi j’ai un soucis avec ma nouvelle : depuis que je l’ai, j’ai des démangeaisons très pénibles et durables dans le temps. Je vais donc investir dans une nouvelle, et revenir à la 1ère marque que j’avais acheté : LunaCopine et une sans couleurs. Celle que j’ai actuellement est mauve et de la marque Me Luna.
    Et tu as raison, les exigences envers les femmes sont trop nombreuses et inacceptables. On fait surtout ce que l’on veut !
    Effectivement, la taille à choisir est différente en fonction des périodes, j’ai eu le même soucis après mon accouchement.
    Intéressant les éponges, ce serait bien d’avoir son expérience de ce côté là !
    Sinon, niveau historique, c’est de mémoire. j’avoue ne plus savoir où j’avais pu lire cela, mais l’amour même durant le mariage devait être pondéré. Pour preuve, dans mes lectures, je constate que les riches du Moyen-Âge (roi, duc, etc) se devaient de ne pas répandre leur amour en public (pas de baiser, de câlin). Il est possible que ce soit pendant la vague puritaniste.
    La chasteté était cependant vivement recommandée. Il fallait consommer son mariage de façon espacée mais intense, pas comme des lapins en gros. Les pulsions sexuels ou le désir physique ressentie envers l’être aimé doit être contrôlé. La conjointe (ou le conjoint) ne doit pas être considéré(e) comme un objet sexuel, mais comme quelqu’un avec qui tu partages intensément les plaisirs de la chair. Un amour pur et vrai.
    Elle est d’ailleurs liée à la fidélité du couple marié.

    Aimé par 1 personne

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